Le printemps est la saison propice pour partir explorer les environs de Lyon. Et parfois, il n’est pas nécessaire de partir bien loin pour trouver le dépaysement. C’est ce que je vous propose le temps d’une escapade dans le Beaujolais. Lamartine disait : « Il y a trois fleuves à Lyon : la Saône, le Rhône et le Beaujolais. » Le Beaujolais est évidemment indissociable de son vignoble qui a contribué à sa renommée. Mais le Beaujolais, c’est avant tout un territoire qui s’étend sur le nord du département du Rhône et jusqu’au sud de la Saône-et-Loire. Ce sont des paysages et un patrimoine. Entre les contreforts du Massif central et les plaines de la Saône, ces vallons plantés de vignes avec leurs petits villages dorés et leurs châteaux, le Beaujolais offre une diversité insoupçonnée.
1 – Salles-Arbuissonas-en-Beaujolais
Avant de partir pour le Beaujolais, ce petit village m’était complètement inconnu. Et pourtant, ce fut un véritable coup de cœur lors de ce séjour. C’est sous un superbe soleil que nous découvrons Salles-Arbuissonnas-en-Beaujolais. Certes, le nom du village est un peu long, mais on lui pardonnera bien vite. Par souci de concision, nous l’appellerons donc Salles.
Le village de Salles offre un voyage hors du temps. C’est au Xe siècle que les moines de l’abbaye de Cluny ont fondé ici un prieuré composé de son église et de son magnifique cloître roman. La visite du Musée du Prieuré est vraiment à ne pas manquer. Vous pourrez y découvrir l’histoire de la fondation du prieuré et l’histoire singulière des chanoinesses-comtesses qui ont vécu dans ce village. L’accès au musée vous offre la possibilité de visiter le cloître, la salle du chapitre et le parloir. La rénovation de l’ensemble est superbe.
En sortant du musée, il ne faut pas manquer le parc devant l’église. Flanqué de son grand portail, le parc est entouré de belles demeures des XVIIIe et XIXe siècles. Ces maisons accueillaient les fameuses chanoinesses-comtesses.
Il est possible de continuer la balade dans le village au travers d’un petit parcours jalonné de panneaux explicatifs sur l’histoire de Salles. Sur la place de la mairie et de l’ancienne école, vous pourrez notamment observer le pressoir à raisins.
2 – Vaux en Beaujolais
À quelques kilomètres de Salles, se trouve le petit village de Vaux-en-Beaujolais. Ce village a servi de décor au roman Clochemerle de Gabriel Chevallier, qui a connu un succès retentissant. L’auteur narre l’histoire d’un village de quelques centaines d’âmes qui s’est déchiré lorsque le maire de l’époque a décidé d’installer une pissotière en face de l’église.
Un petit musée gratuit à côté de la cave permet d’en savoir plus sur l’auteur et son œuvre. Juste à côté, un petit théâtre automatique offre un spectacle sympathique en actionnant une manette. Sur la place, on retrouve bien sûr la fameuse pissotière. Et en face, une maison est recouverte d’une fresque représentant les principaux personnages de l’œuvre de Gabriel Chevallier.
C’est une place fort sympathique où l’on dispose de tables de pique-nique à l’ombre des glycines. Pour compléter cela, la cave est juste à côté pour déguster les crus du Beaujolais, avec modération bien sûr !
Après avoir découvert la place du village, nous décidons de partir avec les personnages du roman à la découverte du village. Un petit itinéraire jalonné par les personnages nous permet de découvrir le bourg en montant sur ses hauteurs. C’est l’occasion d’embrasser de jolis panoramas sur le clocher de l’église et les rangs de vignes.
3 – Le Mont Brouilly
Le mont Brouilly se dresse avec sa coiffe boisée au milieu des vallons de vignes. Sur ses pentes, l’appellation Côte de Brouilly, évidemment. Plusieurs randonnées permettent de découvrir les alentours et le mont Brouilly. Il est possible de rejoindre le sommet et sa chapelle en voiture. Là, un grand parking vous permet de garer votre véhicule à côté de l’édifice. Plusieurs tables d’orientation offrent de jolis points de vue sur les environs. Derrière la chapelle, un grand espace vert permet de faire une pause à l’ombre des arbres.
Du sommet du mont Brouilly ou du parking un peu plus bas, il est possible de faire le tour du mont par un petit sentier passant en forêt, jalonné de panneaux explicatifs sur l’histoire de ce lieu. Il n’y a qu’une seule percée sur le paysage au niveau du deuxième parking.
4 – L’Eglise de Régnié-Durette
Cette église aux deux clochers a des faux airs de la basilique de Fourvière. Et pour cause : c’est le même architecte, Pierre Bossan, qui en est à l’origine. Véritable symbole du village, ses deux clochers sont un point de repère pour les environs.
Construite au XIXe siècle, l’église a besoin de travaux de rénovation et fait partie du Loto du Patrimoine, initiative de Stéphane Bern pour la protection et la rénovation du patrimoine français.
5 – La Tour Bourdon
À quelques kilomètres des deux clochers de Régnié-Durette, se dresse la Tour Bourdon. Cette tour de galets au milieu des vignes est assez surprenante. Si c’est l’homme qui a érigé ces blocs de grès les uns sur les autres, les pierres étaient là, sur place, bien avant les vignes.
Ce sont les travaux des ouvriers de la vigne qui ont mis en évidence ces blocs de pierres. La présence de ces énormes blocs de grès, dont certains peuvent peser plusieurs tonnes, a alimenté de nombreuses discussions et théories parmi les géologues. On attribue aujourd’hui la présence de ces blocs de grès à un ancien glacier. Sur place, vous trouverez des panneaux explicatifs et une superbe vue à 360° sur le Beaujolais.
6 – Beaujeu
Beaujeu, la capitale historique du Beaujolais. C’est d’ailleurs de cette ville, fief des seigneurs de Beaujeu, que le Beaujolais tire son nom. Sur les routes du vignoble, Beaujeu constitue une étape sympathique. Les principaux lieux d’intérêt se trouvent près de son église romane du XIIe siècle. Juste en face, se dresse une maison à colombages datant du XVe siècle. Cette belle demeure accueille aujourd’hui l’Office de Tourisme au rez-de-chaussée et une salle d’exposition à l’étage. C’est l’occasion d’entrer dans la cour intérieure de l’édifice d’où part l’escalier desservant les différents niveaux, structure assez classique pour ce type de demeure.
Jouxtant la maison à colombages, la Maison du Terroir de Beaujeu propose une belle boutique avec de nombreux produits régionaux. Par ailleurs, à l’étage se cache un étonnant musée sur l’histoire de la région. Le parcours scénographique est vraiment intéressant, alternant entre expositions, vidéos et reconstitutions. Et ce musée est entièrement gratuit !
En sortant de la visite, quelques chaises et tables sont disposées à l’extérieur, sous les platanes faisant face à l’église. Le « spot » idéal pour déguster une petite boisson ou une glace de la boutique.
Il ne faut pas hésiter à remonter la rue principale pour découvrir le centre historique de Beaujeu, encore animé par de nombreux commerces de proximité. Par ailleurs, vous pourrez observer la maison de la Tour avec sa belle tour en encorbellement. Le roi Louis XI aurait même dormi dans cette demeure lors d’un pèlerinage.
7 – Chapelle de la Madone à Fleurie
Un lieu iconique du Beaujolais. C’est sur cette butte, sur les hauteurs du village de Fleurie, que se trouve la chapelle de la Madone. Construite dans les années 1870, l’histoire avance plusieurs raisons quant à la fondation de cette chapelle.
On raconte que les habitants de Fleurie ont fait le vœu d’ériger cette chapelle si la Vierge protégeait leur village et leurs vignes de deux fléaux qui menaçaient la région à l’époque : L’invasion prussienne lors de la guerre de 1870 ou l‘oïdium (une maladie de la vigne) qui ravageait le vignoble. Le village ayant été épargné, la Madone fut construite en 1875 sur ce sommet (qu’on appelle le mont de la Madone). Aujourd’hui, elle veille sur l’un des crus les plus élégants et féminins du Beaujolais : le Fleurie.
8 – Le Moulin à Vent
Symbole d’un territoire, le Moulin-à-Vent a donné son nom à cette appellation du Beaujolais. Le moulin à vent est daté du XVe siècle. L’accès au moulin est facile : un petit parking permet de se garer à côté de la cave, en face de laquelle se trouve l’accès au moulin à vent, installé au milieu des vignes.
9 – Découvrir l’hsitoire de la vigne et du vin en visitant Le Hameau Duboeuf
L’histoire et les paysages du Beaujolais sont indissociables de la vigne et du vin que l’on réalise ici. Le Beaujolais comprend 12 appellations d’origine contrôlée (AOC), du Beaujolais au sud jusqu’au Saint-Amour au nord. Ces appellations reflètent la spécificité du terroir avec sa géographie et la qualité de ses sols. Chacun des vins aura son propre caractère selon les parcelles de vignes et le travail du vigneron. Et il faut avouer qu’il y en a pour tous les goûts : du plus léger et frais au vin plus charpenté et aromatique.
S’il est possible de découvrir l’histoire du Beaujolais au travers de ses différentes caves, le Hameau Dubœuf — du nom de Monsieur Georges Dubœuf, négociant en vin et son créateur — est assez unique. Il est désigné comme le plus grand parc touristique dédié au vin. Avec 30 000 mètres carrés, le lieu vous invite, à travers trois sites, à découvrir la vigne et le vin sous toutes ses formes. Une histoire passionnante autour de la vigne, du vin et des femmes et hommes qui ont contribué à son développement et à sa protection. Un lieu assez unique en son genre qui propose des expériences visuelles (spectacles sons et lumières, films en 3D, vidéos) ainsi que la découverte du centre de vinification, agrémenté d’un charmant jardin où se détendre à la fin de la visite autour d’une collation ou d’un mini-golf. Je n’ai pas vu le temps passer lors de cette visite de presque 5 heures tout de même ! Une visite idéale pour une journée comme aujourd’hui où la météo est capricieuse.
10 – Sillonner la route dans les vignes
C’est l’expérience ultime en Beaujolais. Parcourir cette magnifique route qui nous mène de vallons en villages, offrant des points de vue toujours différents. Il faut prendre le temps de s’arrêter dans ces petits villages, s’attabler à la terrasse d’un café ou d’un restaurant et observer la vie. L’espace de quelques minutes ou de quelques heures, il faut emprunter l’un des nombreux chemins de randonnée pour marcher au milieu des vignes.
Le Beaujolais côté Pratiques
Comment venir dans le Beaujolais ?
Pour découvrir le Beaujolais, il faut être véhiculé. Facile d’accès depuis l’autoroute, le Beaujolais se trouve à moins d’une heure en voiture de Lyon !
Pour ceux qui visite Lyon sans véhicule, plusieurs suite de réservation comme Get your Guide vous mettent en relation avec des agence organisant des visites sur la journée.
Quand venir dans le Beaujolais ?
C’est très certainement entre le printemps et l’automne qu’il est le plus agréable de découvrir le Beaujolais. Au printemps, la vigne se développe et peint avec de gros aplats verts les vignobles. Puis, à l’automne, après les vendanges, c’est l’explosion des couleurs. Il faut donc venir découvrir le Beaujolais à différentes saisons !
Où dormir dans le Beaujolais ?
Le Beaujolais compte de nombreux hébergements au cœur des vignes ou dans les villages. J’ai séjourné dans les chambres d’hôtes du Haut-Chénas. Un endroit merveilleux surplombant les vignes. L’hébergement dispose d’une superbe piscine, d’un jacuzzi, d’une salle de jeux et d’un restaurant. La propriétaire, également vigneronne, propose de beaux vins.
Où manger dans le Beaujolais ?
Partout ! Le Beaujolais compte de nombreuses tables où déguster les spécialités locales. Parmi elles, on peut noter le saucisson cuit avec sa sauce au vin, les escargots de Bourgogne, le coq au vin ou encore l’andouillette beaujolaise !
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